Tanné de travailler seul, un agriculteur partage sa terre

SAINTE-HÉLÈNE-DE-CHESTER | Un agriculteur qui a souffert de dépression en raison de la surcharge de travail et de la solitude a décidé de partager son domaine avec de jeunes agriculteurs pour les aider tout en obtenant de la compagnie.

Julien Dionne exploitait une érablière et une framboisière sur son domaine de Sainte-Hélène-de-Chester au Centre-du-Québec lorsque son état de santé s’est mis à dépérir.

« C’est difficile de travailler seul toute la journée. Je bûchais du bois et je devais manipuler des troncs vraiment lourds. Quand je me levais la tête pour voir ce qu’il restait à faire, c’était vraiment décourageant. J’ai vendu la partie acéricole du domaine et je me suis trouvé du travail ailleurs, je n’en pouvais plus. Lorsqu’est venue l’idée d’exploiter à nouveau la terre, je me suis dit que je ne le ferais pas seul », raconte-t-il.

C’est ainsi que M. Dionne et sa conjointe, Solange Thibodeau, ont créé L’Idéel en 2014 pour contrer la solitude et permettre aux jeunes agriculteurs d’accéder à une première terre abordable afin de lancer leur entreprise.

Quatre entreprises


Quatre entreprises agricoles cultivent actuellement sur les terres de la ferme L’Idéel. Ils se partagent 5 des 35 hectares disponibles. Il y a encore de la place pour le développement et l’ajout de nouveaux agriculteurs.

Toutefois, n’entre pas qui veut à L’Idéel. Avant d’être acceptées, les nouvelles recrues doivent proposer des cultures et élevages qui ne se retrouvent pas déjà sur le site. Sans donner dans le bio, elles doivent partager des valeurs vertes et éviter l’usage de pesticides par exemple.

« Nous voulons des gens sérieux qui sont prêts à travailler en équipe. Ce n’est pas quelque chose qui plaît à tout le monde, mais c’est le modèle que nous avons choisi », explique Mme Thibodeau.

L’accès à L’Idéel n’est pas simple, mais les avantages sont nombreux. Le coût de location est modulé en fonction des revenus de l’entreprise. Les achats sont regroupés afin d’assurer une économie d’échelle. Les équipements, les frais fixes, les employés et les bénévoles sont aussi partagés afin de réduire le fardeau des nouveaux agriculteurs.

« Une belle opportunité »

Olivier Noël exploite la ferme Olibio depuis un peu plus d’un an. L’offre des Dionne-Thibodeau lui a permis de commencer avec un petit projet de serre de légumes biologiques qu’il pilote à temps partiel. Il prévoit quadrupler sa superficie de culture d’ici trois ans et quitter son autre emploi.

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